Les mémoires vagabondes

CÉLINE B. LA TERREUR — LAURENT CRASTE — GWENESSA LAM — JEAN-MICHEL LECLERC

Les mémoires vagabondes

eXcentrer

CURATORS —  MARTHE CARRIER, STÉPHANIE CHABOT, EMMANUELLE CHOQUETTE ET ÉMILIE GRANJON 

in collaboration with Galerie d'art Desjardins de Drummondville

  • Exposition

ABOUT THE PROJECT

eXcentrer is a year of special programming at the Galerie d’art Desjardins in Drummondville. It is curated by the directors of four artist-run centres in the Belgo building: Marthe Carrier (Galerie B-312), Stéphanie Chabot (Centre des arts actuels Skol), Emmanuelle Choquette (Arprim art imprimé), and Émilie Granjon (CIRCA art actuel).—The four curators have put works from their respective exhibitions into dialogue, developing a generous, approachable program that presents a wide range of mediums and artistic processes and that reflects the distinct character of each artist-run centre.

THE ARTISTS
Céline B. La Terreur
Laurent Craste
Gwenessa Lam
Jean-Michel Leclerc

8 November 2019 to 15 December 2019

La Galerie d’art Desjardins (GAD) est heureuse de présenter la seconde exposition d’eXcentrer, une série de quatre expositions de groupe qui composeront sa programmation jusqu’en mai 2020. Les mémoires vagabondes sera présentée du 8 novembre au 15 décembre prochain. Cette exposition portera sur le thème de l’histoire, de l’archive et de la mémoire et présentera les œuvres de Céline B. La Terreur, Laurent Craste, Gwenessa Lam et Jean-Michel Leclerc. Le choix des thématiques, des artistes et des œuvres est fait de manière collaborative dans le cadre d’une résidence de commissariat réalisée par Marthe Carrier, Stéphanie Chabot, Emmanuelle Choquette et Émilie Granjon. 

Et si le mot Histoire s'accordait au pluriel?

La mémoire entretient une relation complexe avec l'histoire : les traces visuelles, les archives, les témoignages - l'ensemble de ce que l'on pourrait qualifier de preuve documentaire - nourrit la connaissance historique. Mais le travail de la mémoire n'appartient pas qu'à l'historien, il est collectif et repose sur un équilibre précaire entre objectivité et subjectivité. C'est dans cette tension que se situent les œuvres de l'exposition Les mémoires vagabondes, entre fiction et critique de la représentation historique.

Jean-Michel Leclerc puise des images dans des journaux, revues et périodique du début du XXe siècle qu’il s’approprie de manière sensible. Alors que les archives qu’il sonde retracent les paysages socio-politiques à différents moments donnés de l’histoire moderne, ses œuvres proposent plutôt des récits imaginés, laissant place à l’interprétation et la projection.

Si l’approche de Jean-Michel évoque le caractère imprécis et flou de la mémoire, Gwenessa Lam évolue également dans cette voie avec la pièce Shilu Tower II, une reproduction d’un dessin grand format fait par l’artiste qui représente une tour appelée diaolou, entre logis et rempart. Jouant dans un registre de la séduction, le dessin de cette icône d’architecture permet d’aborder des questions de représentation et d’identité culturelle à travers le souvenir à la fois idéalisé et théâtralisé.

Pour sa part, Céline B. La Terreur convoque une iconographie associée à une reconnaissance collective qu’elle met en dialogue avec des problématiques sociales souvent cachées. Jouant dans une esthétique de séduction qui rappelle l’ornementation, les tableaux et la sculpture Jusqu’à ce que la mort nous sépare forment une série qui s’inscrit dans un corpus d’œuvres qui critique l’attitude d’aveuglement ayant trop souvent cours dans nos sociétés par rapport à la violence conjugale.

Les sculptures de Laurent Craste remettent elle aussi en question la signification d’objets en apparence ornementaux. S’inspirant de modèles originaux de porcelaines européennes des XVIIIe et XIXe siècles, l’artiste procède par altérations et détournements afin de transformer les sujets traditionnellement véhiculés par ces objets de luxe. Par ce jeu de détournement non sans une pointe d’humour, l’artiste nous amène à réfléchir sur les systèmes et le langage d’expression du pouvoir dominant.