DEUX VUES D’ENSEMBLE

ALEXANDRE DAVID

DEUX VUES D’ENSEMBLE

11 novembre 2004 au 18 décembre 2004

Nous vous convions à découvrir le plus récent travail d’Alexandre David, qui se déploie pour l’occasion dans les deux salles de la galerie. Dans la grande salle, une immense ligne d’imposants volumes court sur toute la longueur du plus grand mur. Dans la petite salle, c’est plutôt un angle de la pièce qui est travaillé sur le même mode. À première vue, on soupçonne que l’artiste explore des stratégies de peinture. Les œuvres sont au mur, un accent particulier est mis sur la physicalité des plans frontaux, qui paraissent tomber vers le sol. La volumétrie ne se laisse pas pour autant oublier, jusqu’à ce que nous découvrions combien Alexandre David laisse être des vides, quelquefois assez grands pour qu’on puisse s’y risquer. Ces vides ne déterminent cependant pas de parcours ; ils structurent manifestement les deux œuvres, différemment soit, mais ne cessent pas de produire à chaque fois des sortes de conflits pour la vue, pour le corps. On se bute à un fond, un angle, une arête, un étranglement, bref, ces vides ont tout de l’impasse.—Peinture, sculpture, abstraction, minimalisme, in situ, frontalité, volumétrie, échelle, matériau brut, expérience phénoménologique de l’espace, les concepts ne manquent pas en effet pour subsumer l’œuvre soit à l’horizon de la conception historiciste de l’art, soit à l’horizon de la connaissance des conditions psycho-physiologiques auxquelles est assujettie n’importe quelle expérience de perception. Mais ces concepts n’épuisent pourtant pas la raison d’être de ces points de butée. Tel serait peut-être le secret du dessin d’Alexandre David : celui de plier des plans dans l’espace, et circonscrire ainsi une forme où l’inclassable ne cesse plus de s’écrire au détour des impasses que les œuvres nous réservent ingénieusement.

—Émilie Renaud-Roy  et Jean-Émile Verdier