Dérive

BERTRAND R. PITT

Dérive

Bertrand R. Pitt Dérive © Bertrand R. Pitt, exposition "Dérive", Galerie B-312, 2002
© Bertrand R. Pitt, exposition "Dérive", Galerie B-312, 2002
7 septembre 2002 au 5 octobre 2002

Pour inaugurer sa programmation 2002-2003, la Galerie B-312 accueille dans sa grande salle Dérive de l’artiste montréalais Bertrand R. Pitt. L'œuvre ponctue le passage de l’artiste, en 2000, par les ateliers de la Fondation Christoph-Merian à Bâle. —Cette installation reconstituerait pour nous une expérience esthétique on ne peut plus subjective qu’il relate en ces termes : « […] aux abords de ces sommets du monde, ce jour-là, à cet instant précis, sous cette lumière et de mon point de vue, le ciel et la terre se confondaient, devenaient réversibles. » —Ce serait aller trop vite en besogne de conclure que l’artiste renoue ainsi avec la peinture de paysage, ou qu’il explore les opportunités techniques qu’offre la technologie du multimédia pour donner au tableau de peinture ce que les moyens picturaux lui refusaient. Ce n’est pas d’un paysage que Bertrand R. Pitt a souhaité témoigner, mais d’une expérience. Là encore, il serait présomptueux de conclure que l’artiste souhaite nous plonger dans une expérience semblable, à défaut d’être identique, à l’expérience inaugurale qu’il a vécue devant le paysage helvète. —Il n’y a guère qu’une chose dont l’artiste peut témoigner sans se tromper ni nous tromper, je veux parler du témoignage de l’existence d’une autre scène que celle de la réalité mondaine. Doubles scènes entre lesquelles l’œuvre s’impose comme un seuil qui n’a rien du miroir au-delà duquel on retrouverait l’imaginaire fantasmatique de Lewis Carroll. Un seuil qui n’a rien non plus du miroir liquéfié que Jean Cocteau fit traverser à Jean Marais dans Orphée. —Dans Dérive, vous verrez, au fil d’un jeu de renvois et de miroitements, l’écho des pulsations de l’invisible. 

—Jean-Émile Verdier