Quand les plaisirs candides trébuchent

BRUNO GAREAU

Quand les plaisirs candides trébuchent

Bruno Gareau Quand les plaisirs candides trébuchent
27 octobre 2006 au 2 décembre 2006

Quand les plaisirs candides trébuchent, la petite salle de la Galerie B-312 est dans tous ses états. Bruno Gareau présente une série de tableaux dans un univers des plus colorés et propose de poser un regard sensible sur les relations plutôt paradoxales qui lient les formes et leur discours dans ses oeuvres.—Le travail de Bruno Gareau peut paraître dans un premier temps très hétéroclite. Chaque tableau semble détenir son propre langage pictural. On y découvrira néanmoins le commun d’une tension indéfinissable, une pulsation entre le matériau dans lequel l’artiste façonne l’image et ce qui y est représenté. Cette tension n’est pas étrangère à une certaine stratégie de séduction, qui joue sur le fait que ce qui révulse attire et ce qui attire révulse. Et l’artiste en usera à tous les registres du tableau : dans la détermination des textures, dans les fonds, dans les rapports de couleurs, dans le traitement des traits de contour, dans le choix des motifs iconographiques et du sujet peint.—Si les tableaux nous font d’abord sourire, ils ont tôt fait de nous troubler. Plus on interroge l’œuvre, plus on tente d’en saisir la raison d’être, et plus la curiosité se dissipe, cédant la place à la culpabilité d’avoir pu être séduit sans préavis par de l’inconvenant. Car Bruno Gareau met en scène des personnages à la sexualité troublante, dans des situations où l’agresseur et l’agressé se confondent, où l’innocence et la perversion se rencontrent sans véritable distinction. L’enfant ou l’adulte, l’homme ou la femme, la femme ou la fillette : les grands schèmes de la sexualité sont intervertis et agissent comme autant d’images de notre malaise. 

 

—Émilie Renaud-Roy