Caroline Mauxion

Caroline Mauxion

Quand nos yeux se toucheront (nos mains n'y pourront rien)

Vernissage le jeudi 17 octobre à 17h30

  • Exposition
© Caroline Mauxion

Caroline Mauxion est diplômée des Gobelins en photographie (France) et détient une maîtrise en arts visuels (UQAM). Elle fut lauréate du Prix Sylvie et Simon Blais pour la relève en 2015. Elle compte plusieurs expositions individuelles à Montréal (Les Territoires, Galerie de l'UQAM, Optica Centre d'art contemporain et Galerie Simon Blais). Elle a effectué une résidence au Banff Art Center grâce au programme de studio soutenu par le CALQ en 2018. Ses œuvres font entre autres partie de la collection Prêt d'œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec.

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17 octobre 2019 au 16 novembre 2019

Là où le regard s’arrête
intuition et image se noient
d’une main elle réveille la masse
c’est la boue en manque de forme
pieds et mains pendus à des morceaux déchus
teintes selon l’angle de l’œil
empreintes selon la peau de la matière
des corps touchés touchant à l’aveugle
au gré de l’ombre et de la lumière
si le regard se pose ici et là
il passe d’un état à un autre
attrapé par une force éthérée
il mue le point de vue
c’est cela le regard ici
fixer ne servirait peut-être pas à grand chose
à séjourner dans ces images trop longtemps
le regard sera peut-être embarrassé
c’est trop propre, crayeux et blême
le regard sera saisi
si de ces échantillons visuels

s’entend le bruit de l’imagination.

                                                     —CUSICCOYLLOR ESPINOZA

 

La Galerie B-312 a le plaisir de présenter Quand nos yeux se toucheront (nos mains n'y pourront rien), la plus récente exposition de Caroline Mauxion. Si la pensée visuelle de l'artiste émane régulièrement de la littérature, cette fois-ci, c’est à même ses expériences personnelles, sensibles et corporelles qu’elle appréhende ses recherches sur la matérialité de l’image pour en valoriser le côté physique et tactile. Caroline Mauxion s’attarde aux gestes photographiques. Elle les performe. Elle en dépouille les procédés constitutifs. Elle cherche les moyens les plus élémentaires d’actions sur la matière. Le geste le plus simple, le plus archaïque -l’empreinte- procède ici comme une hypothèse technique féconde sur le plan heuristique en instaurant un rapport entre le hasard et la technique. L'empreinte, c’est également l’expérience d’une relation bricolée entre une image, un corps et un substrat. Ainsi, le geste de couler du plâtre sur un tirage jet d’encre redonne à la photographie numérique une matérialité par contact, mais convoque d'autres sensibilités et établit un ensemble de tensions qui s’éloignent du rapport lumière et surfaces photosensibles. Le plâtre liquide active le pigment qui sera ensuite absorbé. Il plisse le papier qui en durcissant, épouse tous les plis et aspérités. Il devient un corps réceptif, portant indices et marques tel des stigmates. Cette corrélation, ce transfert entre la surface du plâtre et la peau, traverse toute l’exposition de Caroline Mauxion créant un réseau analogique riche d'évocations. 

—ISABELLE GUIMOND

 

Caroline Mauxion remercie Jean-Philippe Thibault et Jean-François Gauthier de même que le Conseil des arts du Canada pour leur soutien dans la réalisation de cette exposition.