Réservoir

CATHERINE BODMER

Réservoir

  • Exposition

Originaire de Suisse, Catherine Bodmer a obtenu une maîtrise en arts plastiques à l'Université du Québec à Montréal en 1999. Elle travaille présentement comme coordonnatrice artistique au centre d’artistes articule. Sa pratique comprend des installations, des oeuvres in situ et des photographies qui ont été présentées dans plusieurs expositions individuelles et collectives au Québec et au Canada, ainsi qu’au Mexique et à Taiwan.

 

25 octobre 2007 au 1 décembre 2007

—VERNISSAGE JEUDI 25 OCTOBRE 2007 À 19H

La Galerie B-312 a le plaisir d'accueillir dans sa petite salle Réservoir, une installation de Catherine Bodmer. L’artiste a souhaité exploiter certaines qualités de la salle, ses dimensions modestes, son volume presque cubique, le blanc des parois, l’impression de se couper de l’extérieur quand on y pénètre.—Elle a pris le parti d’y construire une structure, montée jusqu’à hauteur d’yeux, en alignant sur deux rangées, à l’horizontale, de ces bonbonnes translucides qu’on utilise dans les distributrices d’eau. Les récipients sont remplis d’une égale quantité d’eau à la surface de laquelle flottent de petites plantes aquatiques. L’ensemble est surmonté d’un système d’éclairage fluorescent qui favorisera la pousse.—Certaines bouteilles ne contiennent qu'une espèce, dans d'autres, elles coexistent par deux ou par trois. Appréhendé ainsi, Réservoir fait allusion à l’univers clos et on ne peut plus contrôlé des laboratoires où se trament échantillonnages, croisements et analyses comparatives. Mais un coup d’œil par l’ouverture des goulots retourne comme un gant cet univers fermé de la mesure. L’espace y apparaît alors comme un vaste étang presque entièrement recouvert d’une luxuriante végétation. Ainsi, les bouteilles apparaissent-elles ou bien comme des éprouvettes pour des écosystèmes recréés artificiellement ou bien comme des kaléidoscopes de paysages recréés imaginairement. D’un autre côté, ni l’un ni l’autre de ces deux points de vue ne présente une quelconque vérité.—Avec Réservoir, Catherine Bodmer n’érige pas deux points de vue opposés, mais esquisse la forme d’un entre-deux qui tresse à l’infini les notions d’espace clos et d’espace ouvert, et oblige ainsi à la nuance ; un entre-deux pour des paradoxes, pour une cohabitation de contraires, pour des retournements où rien ne s’inverse ; un entre-deux qui imbrique l’artificiel et le naturel, l’extérieur et l’intérieur, le contrôlé et le chaotique.

 —ÉMILIE RENAUD-ROY et JEAN-ÉMILE VERDIER