la vie en roses

CÉLINE B. LA TERREUR

la vie en roses

 

petite suite pour clichés mordants

 

Michelle Leduc—Jacques Sénéchal—invitent

 

 

Céline B. La Terreur la vie en roses ©  Céline B. La Terreur, exposition "La vie en roses", Galerie B-312, 2001.
© Céline B. La Terreur, exposition "La vie en roses", Galerie B-312, 2001.

Céline B. La Terreur complète actuellement une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. En 1999, elle obtenait un baccalauréat en Studio Arts de l’Université Concordia. On a pu voir son travail entre autres lors de l’exposition Le Grand Bal Masqué de l’Amour présenté au Centre de diffusion de la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQÀM,  2001, lors de l’exposition On the Line / Sur la ligne à la Galerie  V.A.V., 2000. En 1999, elle participait aux expositions  Random, Galerie Leonard & Bina Ellen et à Encyclopedia practica, Galerie Art Mûr, et à diverses manifestations de performance dont Le Gong Show, d’où elle sortit gagnante de la compétition organisée par le Studio XX. La vie en roses est sa première exposition individuelle.

10 novembre 2001 au 15 décembre 2001

 

Michelle Leduc et Jacques Sénéchal enseignent à l’école Des-Saints-Anges et l’école Rabeau à Saint-Lambert, et ils ont la passion de l’art actuel. Ils sillonnent les expositions et les ateliers des artistes en début de carrière depuis de nombreuses années.—C’est à ce titre que nous les avons invités à piloter un projet de commissariat d’exposition dans le cadre du dixième anniversaire de la galerie. Était-ce parce qu’ils avaient été sensibles au fait que nous placions cet anniversaire sous le signe de la diversité ? Ou encore, était-ce là l’occasion de concrétiser leurs convictions ? Toujours est-il que Madame Leduc et Monsieur Sénéchal se sont faits les représentants de Céline B. La Terreur, une jeune artiste dont ils suivent le travail depuis déjà plusieurs années.—Il semble bien que la pratique actuelle de Céline B. La Terreur explore un interdit de frontières. Seront réunis en une seule proposition artistique, des peintures, des dessins, des sculptures, des readymades, des photographies, un vidéogramme, une performance, le tout pouvant faire installation, sans compter toutes les dextérités que ces univers supposent. Une constante sera pourtant régulièrement rencontrée tout au long de la visite : la conjugaison du plaisir avec la révulsion et sa déclinaison en des expressions variées de l’ajointement du séduisant et du repoussant. L’œuvre de Céline B. La Terreur explore ainsi le plaisir « naïf » que l’on prend au contact des œuvres d’art sans chercher plus loin. Mais nul ne saurait échapper au fait que c’est un sentiment d’inquiétante étrangeté qui est à l’origine de l’appréciation esthétique, et nul ne saurait échapper non plus au fait que c’est un mouvement de dénégation qui articule ensemble inquiétante étrangeté et appréciation esthétique. L’exposition de Céline B. La Terreur décortique en quelque sorte le mécanisme. La beauté appartiendrait ainsi à un système de défense contre l’inquiétante étrangeté. Et l’esthétique serait moins une branche de la philosophie qu’un « espace » où un étonnant retournement de la révulsion en une singulière attirance s’autorise de lui-même sans le consentement de la volonté.

—Jean-Émile Verdier