LE PAVILLON DU QUÉBEC—Troisième volet: le panthéon

CYNTHIA GIRARD

LE PAVILLON DU QUÉBEC—Troisième volet: le panthéon

Cynthia Girard LE PAVILLON DU QUÉBEC—Troisième volet: le panthéon © Cynthia Girard, exposition "Le Pavillon du Québec", Galerie B-312, 2003.
© Cynthia Girard, exposition "Le Pavillon du Québec", Galerie B-312, 2003.
9 janvier 2003 au 8 février 2003

Le panthéon est le troisième et dernier volet du Pavillon du Québec, une trilogie de Cynthia Girard où l'artiste travaille à un portrait sans complaisance de la mémoire collective québécoise.—L'exposition rassemble les portraits de plusieurs figures de la culture québécoise dont Louis Cyr, l'homme le plus fort du monde, Josée Yvon, poétesse de la contre-culture, et Monique Tessier alias Monica la Mitraille, que ses hold-up ont rendu célèbre. Héros pour les uns, paumés pour les autres, Cynthia Girard les honore-t-elle? Ou leur effigies représente-t-elle l'inquiétude de l'artiste envers les laissés-pour-compte dont la disparition de nos mémoires n'est qu'une question de temps? À moins que l'exposition veuille parodier la manière avec laquelle les tenants d'une culture magnifient celle-ci à travers des héros judicieusement choisis. Toujours est-il que ce panthéon représente le Québec sous les traits d'une inquiétante inclinaison, où la magnificence se découpe sur le fond d'une dévaluation systématique. —Mais il y a plus. Cynthia Girard peint en référant à des courant picturaux représentatifs de la pratique picturale québécoise des années 1960 et 1970. Rassemblées dans un même tableau, ces références rappellent les questions de l'époque sur le destin de la peinture.  Doit-elle être abstraite ou figurative? Son style, psychédélique ou hard-edge? Sa raison d'être est-elle l'évocation, la représentation, l'analyse, la déconstruction, ou le nihilisme? S'agit-il de faire à tout prix différent par complaisance ou au nom d'une authenticité sans compromis?—Avec cette exposition, Cynthia Girard peint l'authenticité  et l'imposture comme si elles étaient  les deux battants d'une porte en train de s'ouvrir sur l'enfer de l'artiste hanté qu'il est par un doute infini sur ce qu'il fait.

—Jean-Émile VERDIER