Singles + Groups

DAVID M.C. MILLER

Singles + Groups

  • Exposition
David M.C. Miller Singles + Groups

Originaire du Québec, David M.C. Miller vit et travaille à Lethbridge, Alberta. Photographe,  performeur, vidéaste, commissaire et écrivain, son travail a été présenté lors de nombreuses expositions solos et collectives dont, entre autres, à la Art Gallery of Alberta, Edmonton (2010), à la FAVU Art Gallery, République tchèque (2007), à la Fringe Gallery, Hong Kong (2004) et à LACE, Los Angeles (2002). En 2003, il participait à l’exposition Push, un projet conçu par Andrew Forster présenté à la Galerie B-312.

 

12 février 2010 au 13 mars 2010

—VERNISSAGE VENDREDI 12 FÉVRIER 2010 À 17H

La Galerie B-312 est très heureuse d’accueillir Singles + Groups de David M. C. Miller. L’exposition se compose de deux séries d’images photographiques, Singles et Groups. Dans Singles, les images reprennent la structure de la photo d’identité. Des visages se découpent sur un fond noir, à ceci près cependant, nous n’en avons que les silhouettes, car les images sont construites au moyen de la technique du photogramme. Dans Groups, les images sont des photomontages numériques de minuscules fragments de photographies de visages, qui semblent éparpillés sur un fond blanc.—Que ce soit dans Singles ou dans Groups, le sujet de l’image se rapporte à l’idée d’une identification impossible. Miller donne à cette idée la forme d’un effacement du visage dans Singles, et celle de son morcellement dans Groups.—Miller ne soumet pas n’importe quoi au processus d’effacement ou à celui de morcellement, il y soumet le visage, image par excellence d’autrui, quand il est considéré comme un sujet à part entière, unique et singulier, entier et indivisible. Le visage n’a-t-il pas le même statut dans le domaine de la perception que celui, dans le domaine du langage, de la reconnaissance, par son nom, du sujet dans toute son intégrité ?—Il me semble qu’en entamant le visage comme il le fait, deux fois plus qu’une, dans Singles et Groups, Miller ne se contente pas d’évoquer les mécanismes cognitifs de la reconnaissance et de l’identification. L'exposition Singles + Groups ne renvoie-t-elle pas alors les questions plutôt techniques de la lisibilité de l’image à celles, plus graves, de l’intégrité de la personne, de la fragilité de cette intégrité, quand aujourd’hui l’individuation anonyme sous couvert de services personnalisés prime sur une reconnaissance de la personne dans toute sa dignité.

 —JEAN-ÉMILE VERDIER