MADE IN CHINA

EMMANUEL GALLAND, SAMUEL LAMBERT

MADE IN CHINA

Emmanuel Galland MADE IN CHINA © Emmanuel Galland et Samuel Lambert, exposition "Made in China", Galerie B-312, 1997.
© Emmanuel Galland et Samuel Lambert, exposition "Made in China", Galerie B-312, 1997.

Emmanuel Galland et Sanuel Lambert ont collaboré depuis quelques années à différents projets. Plus récemment, en septembre 1996, ils présentaient un duo au Centre d'art et de diffusion Clark à Montréal.

31 mai 1997 au 28 juin 1997

C'est sous le titre Made in China que sont regroupés les travaux récents d'Emmanuel Galland et de Samuel Lambert. Autour de la sérialité du grand format et de la représentation de la figure humaine, les deux artistes explorent à nouveau les liens culturels et affectifs qui se tissent dans leur œuvre photographique respective. Emmanuel Galland, avec Twins, s'intéresse à la figurine comme modèle d'identification propre au domaine de l'en­fance. Un même personnage de plastique en deux exemplaires, issu d'une production industrielle en série, est choisi par l'artiste pour ses disparités étonnantes avec son double, le clone. Afin de mettre en évidence ces différences notables, les figurines sont présentées dans de très grands formats couleur. La modification de l'échelle du modèle réduit affiche l'exis­tence de la multiplicité même dans un processus visant l'uniformité. Accident de parcours dans la chaîne de fabrication, un clin d'œil à l'idée de perfection. Samuel Lambert, de son côté, étale de façon linéaire des photogrammes provenant d'un vidéo qu'il a réalisé il y a quelques années: De barro et d'argile. Deux visages se répondent d'un bout à l'autre de la série, celui d'un homme âgé et celui d'une jeune femme, tous deux asiatiques. Cet arrêt sur l'image garde néanmoins un effet de mouvement saisissant, du flou le plus complet des éléments à la reconnaissance partielle du contexte de la prise de vue. Dans le défilé d'images dissolues aux couleurs saturées de Chinatown, une rencontre se transforme sous nos yeux selon un mouvement oscillant du vidéographique au photographique. Le parallèle entre les œuvres souligne la dichotomie entre fixité et instabilité inhérente au dispositif photographique. Les deux pratiques artistiques se répondent par leur exploration soutenue des possibilités de représentation de l'être humain.

Made in China : c'est dans l'altérité que se construit la réversibilité. Et, vice versa.

MANON LÉVESQUE