DANS LA GADOUE JUSQU'AUX ESSIEUX

FRANÇOIS SIMARD

DANS LA GADOUE JUSQU'AUX ESSIEUX

  • Exposition
François Simard DANS LA GADOUE JUSQU'AUX ESSIEUX © François Simard, exposition "Dans la gadoue jusqu'aux essieux", Galerie B-312, 2008.
© François Simard, exposition "Dans la gadoue jusqu'aux essieux", Galerie B-312, 2008.
11 avril 2008 au 10 mai 2008

—VERNISSAGE VENDREDI 11 AVRIL 2008 À 19H

La Galerie B-312 ets heureuse d'accueillir dans sa grande salle Dans la gadoue jusqu'aux essieux, deux tableaux de François Simard, que l'artiste a choisi de faire dialoguer pour l'occasion. En effet, une série de renvois d'un tableau à l'autre sont orchestrés à différents registres, à commencer par celui de leur format et de la structure qui organise leur espace de représentation respectif. Le plus grand mesure 7 pieds de haut par 30 pieds de large et reprend le schéma convenu du paysage. L'autre mesure 7 pieds de haut par 9 pieds de large et est structuré par une grille triangulaire qui envahit toute la surface de la toile. Chaque tableau donne ainsi consistance à des effets de profondeur bien distincts, voire opposés.—Le dialogue est bel et bien entamé. Et pour cela, François Simard aura adroitement donné rendez-vous à certains schèmes de perception. En effet, dans le plus grand tableau, nous reconnaissons la forme d'un paysage sans la représentation d'un paysage. De même, dans le plus petit tableau, nous reconnaissons quelque-uns des procédés relatifs aux enjeux modernistes, mais sans le projet moderniste.—En instaurant ce dialogue, apparemment purement visuel, entre deux tableaux, peints l'un pour l'autre en quelque sorte, François Simard met en évidence des formes, comme celle de "paysage" ou celle de "plan du tableau", qui aujourd'hui, plutôt que d'accueillir le regard, infléchissent la vision à nos dépens.—Ces formes matricielles, qui agissent malgré nous sur l'interprétation de ce que nous voyons, François Simard les relègue au registre de n'importe quel autre motif pictural entrant dans la composition du tableau. Ce faisant, il neutralise leur pouvoir d'inflexion du jugement. Si François Simard nous prive ainsi de ces raccourcis interprétatifs, il faut bien constater que, dans les faits, il nous en libère.

—JEAN-ÉMILE VERDIER