Maps in Doubt

GWEN MACGREGOR, SANDRA RECHICO

Maps in Doubt

Une rencontre entre deux artistes provoquée par Dan Adler

  • Exposition
Gwen MacGregor Maps in Doubt

Maps in Doubt est le fruit d’une rencontre entre deux artistes, Gwen MacGregor et Sandra Rechico, mais cette rencontre est singulière puisqu’elle fut provoquée par Dan Adler, commissaire indépendant, qui s’est intéressé aux croisements et aux écarts de leurs pratiques respectives. Une première version de Maps in Doubt fut présentée à Mercer Union (Toronto) en 2008.  

La pratique multidisciplinaire de Gwen MacGregor inclut la sculpture, la photographie et la vidéo. Son travail a été présenté à travers le Canada (dont Montréal, Toronto, Oakville, Lethbridge, Winnipeg), au Mexique, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie et aux États-Unis. Ses vidéos ont été diffusées dans le cadre de nombreux festivals et événements sur la scène internationale.

À travers une pratique du dessin, Sandra Rechico crée des œuvres et des installations in situ, souvent éphémères. Son travail a été présenté à travers le Canada et à l'étranger. Elle a participé à de nombreuses résidences internationales. Elle fut co-commissaire de wade, un événement d’art présenté en 2006 à travers la ville de Toronto. Elle est assistant-professeur à l'Université de Guelph, Ontario. 

 

20 novembre 2009 au 19 décembre 2009

—VERNISSAGE VENDREDI 20 NOVEMBRE 2009 À 17H

La Galerie B-312 est heureuse de présenter dans sa grande salle Maps in Doubt des artistes torontoises Gwen MacGregor et Sandra Rechico. L’exposition montre, sous des formes diverses, les résultats d’un projet de cartographie réalisé en deux phases. Dans la première, MacGregor et Rechico ont enregistré, chacune à leur manière, les déplacements qu’elles ont effectués dans les villes de Münster, Kassel, Montréal et Toronto qu’elles ont arpentées seules ou ensemble. En vue du projet, MacGregor relevait régulièrement sa position géographique au moyen d’un système de positionnement mondial (GPS). De son côté, Rechico notait sur un carnet le nom des rues qu’elle empruntait en précisant les directions qu’elle prenait. Elles accumulèrent ainsi deux types d’informations pour chaque itinéraire parcouru.—À partir de ces informations, elles pouvaient donc être en mesure de représenter sur une carte leurs parcours respectifs. Telle sera la visée de la deuxième phase du projet. À ceci près cependant : pour représenter leurs itinéraires, MacGregor et Rechico n’en passeront pas nécessairement par une carte des villes arpentées, même si elles y recourent quelquefois à l’étape de la réécriture des parcours, comme dans Floppy Map.—Les œuvres rassemblées dans Maps in Doubt sont à chaque fois le résultat d’une superposition ou d’une juxtaposition de la réécriture du parcours des deux artistes dans telle ou telle ville. Dans Floppy Map, MacGregor et Rechico reprennent l’idée d’un tracé sur une carte. Dans Distance Kassel, elles choisissent de rappeler le nombre de kilomètres d’un itinéraire en traçant sur une feuille de papier une ligne continue dans un mouvement de va-et-vient entre les bords gauche et droit de la feuille jusqu’à ce que le nombre d’aller et retour comptabilise la distance parcourue lors de l’itinéraire qui est représenté ainsi.—Même si la codification peut nous échapper, l’important semble être pour MacGregor et Rechico de permettre aux spectateurs de repérer dans cette deuxième phase du projet sa condition de possibilité, c’est-à-dire sa première phase, puis la présence d’un tracement double dans chacune des représentations. MacGregor et Rechico autoriseront ainsi la géographie d’un tout autre espace ; une géographie qui déconstruit la géographie des espaces telle que nous la connaissons et l’utilisons ; une géographie qui suggère l’espace d’une intersubjectivité, que les artistes auront provoqué, dans ce projet, pour nous rendre sensibles à son incontournable effectivité. Si nous sommes, là, ici, vivant, marchant, agissant, travaillant, décidant : c’est incontestablement avec autrui. Qu’en est-il dès lors la notion d’individualisme qui domine dans le discours ambiant ?

—JEAN-ÉMILE VERDIER