HETEROSEXY

RENAY EGAMI, DAMIAN MOPPETT,  MONIQUE MOUMBLOW, ANA REWAKOWICZ

HETEROSEXY

 

Kevin deForest—invite—

 

Ana Rewakowicz HETEROSEXY © Exposition " Heterosexy", Galerie B-312, 2002.
© Exposition " Heterosexy", Galerie B-312, 2002.
18 mai 2002 au 15 juin 2002

Invité en tant qu’artiste ayant déjà exposé à la galerie, l’artiste montréalais Kevin deForest a réuni des travaux d’Ana Rewacowicz, Damian Moppett, Renay Egami, et Monique Moumblow dans Heterosexy, la sixième exposition de la programmation du 10e anniversaire de la Galerie B-312. —Heterosexy est un mot-valise qui associe l’idée d’hétérogénéité avec celle d’apparence attirante. Cette évocation d’« attirante hétérogénéité » résonne un peu à l’inverse de la célèbre « inquiétante étrangeté » freudienne sans pour cela s’y opposer. Elle rappelle aussi ce que Georges Bataille dit de l’érotisme quand il écrit que « l’érotisme est dans la conscience de l’homme ce qui met en lui l’être en question » ou qu’il est « le déséquilibre dans lequel l’être se met lui-même en question, consciemment. » —Alors, quand Ana Rewacowicz travaille avec les figures de la chair de poule, du latex, et du vêtement féminin, quand les photographies de Damian Moppett de ballons soufflés coincés dans des blocs lego metaphorisent, sur le mode d’une réversion, l’émoi de l’enfant surpris par la puberté, quand Renay Egami évoque le frisson, la gêne, l’attirance accompagnée d’une sourde répulsion en façonnant des popsicles en formes de langues phalliques, quand Monique Moumblow évoque sur le mode de la narration filmique l’amour romantique, le voyeurisme, la construction fantasmatique, et l’image amoureusement obsédante de l’autre aimé, ne 

s’agit-il  pas de ce « déséquilibre » que Bataille évoque comme une science

de la question, un mode de l’interrogation. —Science de la question, modalité de l’interrogation, que Kevin deForest orchestre avec la complicité de ses artistes invités pour inaugurer une réflexion là où tout semblait d’ores et déjà su, compris, acquis et assimilé à propos de soi dans son rapport à l’autre.

—JEAN-ÉMILE VERDIER