LES ATOMISTES

Richard Deschênes

LES ATOMISTES

Vernissage le jeudi 10 mai 2018 à 17h30

  • Exposition
© Richard Deschênes—Galerie B-312—Crédit : Guy l’Heureux

Richard Deschênes vit et travaille à Montréal. Après l’obtention d’un baccalauréat en arts visuels (1985, Concordia), il poursuit des études au Pratt Graphics Center à New York (1985-1986). Récipiendaire de plusieurs bourses du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, Richard Deschênes travaille principalement en peinture et en dessin. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions au Canada, au Mexique, en Chine, en Espagne, en Autriche, aux États-Unis, en France et au Japon. Soulignons ses dernières expositions individuelles chez Expression (Saint-Hyacinthe, 2012), Optica et Vu Photo (Montréal et Québec, 2013). Ses œuvres figurent dans les collections Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec et Banque d’art du Conseil des arts du Canada, ainsi que dans plusieurs collections corporatives et privées.

10 mai 2018 au 16 juin 2018


Si l’on regarde un peintre qui se livre à son activité, on croit observer un processus dans lequel, d’une manière fondamentalement énigmatique, divers corps se meuvent de telle manière qu’en « conclusion », une peinture en résulte. Toute analyse du geste doit être une analyse de signification. Sa méthode doit être un déchiffrement, une décomposition du geste en ses éléments signifiants.

Vilém Flusser

Que nous est-il donné à voir au juste dans la plus récente exposition de Richard Deschênes ? Que regarde-t-on ? Une surface noire et mate est travaillée d’un motif blanc, organique, qui se répète à travers toutes les œuvres. Cette répétition, le jeu d’échelles et certaines inscriptions nous laissent croire que nous sommes devant un très gros plan d’une image reproduite. Mais comment ?—Situés entre le dessin et la peinture, les tableaux qui composent Les Atomistes ne se laissent pas déchiffrer facilement. Une photographie tirée d’un article scientifique est à la base de ce corpus, présentant un coton devenu autonettoyant grâce à l’injection de nanoparticules d’argent directement dans ses fibres. Si dans le travail de Richard Deschênes il y a toujours une attention particulière portée au concept et aux mécanismes de la perception, ici, le processus de fabrication de l’image étoffe également la proposition de l’artiste en jouant habilement sur le principe dialectique du « sujet » et de « l’objet » représenté. Les scientifiques font appel à des images construites et artificielles pour retranscrire leurs données et rendre visibles leurs recherches. Leurs images jouent de la séduction, mais notre compréhension en demeure partielle. Les propositions picturales de l’artiste fonctionnent de la même manière, elles convoquent un ensemble de procédés complexes dans leur fabrication que notre seule perception n’arrive pas à appréhender. La molécule, photographiée, agrandie et retravaillée devient trame pour être imprimée. Puis, point par point, l’artiste cartographie l’image originale et la reporte sur un papier calque dont il enduit ensuite le dos d’une fine couche de pastel blanc. La matrice ainsi créée sera ensuite patiemment reproduite, retranscrite sur la surface du tableau préalablement apprêté au gesso noir.—Cette méthode lente et laborieuse confère aux œuvres un aspect impersonnel. Pourtant, partout la main de l’artiste est présente, mais de façon contradictoire. Elle s’efface dans l’efficacité de la mécanique gestuelle. Avec Les Atomistes, Richard Deschênes fabrique des images énigmatiques engageant une méditation sur le temps, une réflexion sur la durée et la sublimation du banal conférant également à ses œuvres une dimension poétique. 


—ISABELLE GUIMOND

 

La Galerie B-312 remercie ses membres et donateurs, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts de Montréal, le Conseil des arts du Canada et la Ville de Montréal. L’artiste tient à remercier le Conseil des arts et des lettres du Québec ainsi que Catherine Bodmer.