Les prospecteurs

Michel Laforest

Les prospecteurs

  • Exposition
Michel Laforest Les prospecteurs

Originaire de La Tuque, Michel Laforest vit et travaille à Montréal. Son travail d’installation vidéo et de vidéo-performance a été présenté dans le cadre de nombreuses expositions collectives et lors de festivals au Canada, au Brésil et en Europe. Parmi ses expositions individuelles, mentionnons la Bande vidéo (2010), la Galerie Verticale (2007), la Chambre blanche (en collaboration avec Manon De Pauw, 2008) et la galerie Dare Dare (2004). Outre sa pratique artistique, il enseigne les arts visuels au Cégep Marie-Victorin.

10 octobre 2013 au 9 novembre 2013

—VERNISSAGE JEUDI 10 OCTOBRE 2013 À 17H30

Dans l’installation vidéo Les prospecteurs, présentée dans la petite salle de la Galerie B-312, Michel Laforest s’intéresse au phénomène de la perception. Que voyons-nous lorsque nous regardons quelque chose ? L’observation lente et minutieuse d’un objet, d’un lieu, d’une image, d’un sujet en assure-t-il l’objectivation ? En tant que phénomène sensoriel, la vision implique une certaine subjectivité : cadrage, mémoire, connaissance, sensibilité, etc. Cherchant à atteindre une forme d’objectivité, l’humain a élaboré une gamme étendue d’instruments de mesure et d’appareils optiques. Au-delà du filtre de l’outil, que reste-il de la vision ? Peut-on parvenir au degré zéro de sa représentation ? —Trois vidéos mettent en scène ce questionnement : deux sont montrées sur des dispositifs pouvant rappeler un outil d’arpentage ; la troisième est projetée sur un mur où des renfoncements ont été effectués. Pour concrétiser cette tension entre perception et représentation dans les séquences vidéo, l’artiste s’est inspiré des techniques de perspective linéaire conçues par le géomètre français Girard Desargues au XVIIe siècle. Installés dans le parc du Mont-Royal, les prospecteurs tiennent des ensembles de cordes tendues; ancrées au sol et rassemblées à leur pointe, elles forment des prismes qui, en principe, devraient les aider à comprendre la configuration de l’espace présenté.—En postproduction, l’artiste a effectué un découpage à la base de chacun des prismes linéaires pour y insérer une deuxième boucle vidéo, suggérant un effet d’abîme ou de miroitement. Une observation soutenue révèle que ces interventions tirent leur origine des vidéos originales, elles engagent le spectateur à prendre connaissance de la complexité visuelle et de la richesse des motifs présentes dans ces images. En situant un modèle géométrique dans une scène organique, Michel Laforest rappelle que si l’outil permet de réduire l’ambiguïté, cette clarification se fait souvent en sacrifiant l’anecdotique, le détail.