Les heures

LISE BOISSEAU

Les heures

  • Exposition
Lise Boisseau Les heures @ Lise Boisseau _ Galerie B-312
@ Lise Boisseau _ Galerie B-312

Lise Boisseau vit et travaille à Montréal. Après deux années d’apprentissage de la calligraphie en République populaire de Chine, elle présentait en 1986 ses deux premières expositions individuelles à la Galerie Sabrina Fung (Tribeca, New-York) et à la Galerie d’art l’Émergence Plus (Montréal). Depuis, on a pu voir son travail régulièrement, rappelons In Vivo, à la galerie Sylviane Poirier art contemporain (Montréal, 2004), Cycle, au Propeller Center for the Visual Arts (Toronto, 2005) et Espaces de fiction, à la Galerie d’art d’Outremont (Montréal, 2007). Parmi ses expositions collectives, notons, entre autres, Dialogue(s), Musée d’art contemporain de Montréal (2002), Voilà Québec en México!, Musée de Las Artes de l'Université de Guadalajara (Mexico, 2004) et Musée d’art contemporain de Montréal à Rideau Hall, Rideau Hall (Ottawa, 2007).

 

5 juin 2010 au 3 juillet 2010

—VERNISSAGE JEUDI 10 JUIN 2010 À 17H

Pour clore la saison, la Galerie B-312 accueille Les heures, la plus récente production de la peintre Lise Boisseau. Cette fois, l’artiste fait l’économie du châssis et de la couleur, et choisit de travailler sur papier, sur papier film en particulier, avec de l’encre, qu’elle applique par à-coup, et selon la technique de la calligraphie chinoise.—Le choix d’un tel mode de tracement fragmente la surface peinte en une multitude de marques. Cette multitude s’organise toutefois en un ensemble de formes modulaires prenant l’aspect d’une surface continue agitée par des ondulations multidirectionnelles. Jusqu’à ce que, du moins, l’œil saisisse que ces ondulations miment un enveloppement, quand il verra s’y dessiner les volumes d’une tête, d’un bras ou d’un corps immobilisé dans une posture.—En orchestrant avec une infinie précision les marques qu’elle fait à la surface du papier, Lise Boisseau conduit le regard du spectateur à construire progressivement ce qu’il voit, de la perception d’une multitude de petits tracés jusqu’à la reconnaissance d’un volume dessinant parfois celui d’un corps humain. Et pour peu que l’on ait quelques connaissances dans le domaine de l’histoire de l’art, on reconnaîtra, çà et là, par fragments, des manières, celles de Bridget Riley, Vasarely ou Sam Francis, ou des motifs tirés de l’œuvre d’un Michel-Ange, Delacroix ou Cézanne.—Chose certaine, on ne saurait saisir le tracé, l’illusionnisme qui s’en dégage ou les motifs qu’on y découvre, qu’à travers les mailles aux formes complexes des trames que l’artiste invente pour l’occasion. Aussi, ce qui est perçu s’avère manifestement perceptible, seulement parce qu’il est tramé. La trame donne en quelque sorte corps aux conditions de perceptibilité du perçu, tout en s’exposant comme telle. Lise Boisseau reconduit ainsi, dans une facture radicalement autre, cette préoccupation qui la fait peindre depuis ses tout débuts, à savoir l’aperception, cette faculté au moyen de laquelle nous appréhendons en toute conscience ce que nous percevons.

—JEAN-ÉMILE VERDIER