CLONES

LOUIS FORTIER

CLONES

Louis Fortier CLONES © Louis Fortier, Galerie B-312, exposition Clones, 1999.
© Louis Fortier, Galerie B-312, exposition Clones, 1999.

Louis Fortier vit et travaille à Montréal. On a pu voir son travail lors d'expositions individuelles à La Chambre Blanche de Québec et au Centre Axe Néo-7 de Hull en 1997, ainsi qu'à la Galerie des arts visuels de l'Université Laval en 1995 et au Centre des arts actuels Skol en 1994. Il a également participé à quelques expositions de groupe dont celle de la Collection du prêt d'œuvres d'art au Musée du Ouébec en 1998, de même qu'à la Biennale Découverte du Musée du Québec en 1995.

 

 

5 juin 1999 au 10 juillet 1999

L'angle sous lequel Louis Fortier aborde le moulage permet un certain rapprochement avec le travail de laboratoire. Tout se passe comme s'il s'appliquait à former une généalogie à partir d'une tête individualisée, puis répétée et transformée au gré des expérimentations. Mais si biologie et génétique sont convoquées, elles servent avant tout de prétextes pour signaler une parenté entre reproduction et création. Il ne s'agit pas tant ici de tenir un propos sur les sciences biologiques que de rendre compte de l'atelier comme laboratoire. Contrairement à ce que permet le moulage habituellement, la mise en série implique dans ce travail des transformations à chaque exemplaire produit. Avec une part d'improvisation, l'artiste façonne la cire ou le plâtre et modifie l'identité et l'expression de chaque tête moulée au moment où le matériau est encore malléable, dans ce court laps de temps précédant la prise. Ce faisant, ce travail rend manifeste cet état intermédiaire de la matière, entre le liquide et le solide. Se trouve donc inscrite et visible, sur l'ensemble de ces tètes, la temporalité qui marque ce passage d'un état à un autre dans ces deux matériaux traversés par la tradition sculpturale. Sur un autre plan, on dira que la diversité résultant de cette approche particulière du moulage fait écho au tissu social. Cependant, l'entreprise ne consiste pas à formuler un inventaire exhaustif des types humains; il est davantage question de solliciter l'accidentel et de composer une « faune » représentative de l'univers ludique et expérimental de l'atelier.