Charbon et Turbo

MARIE-SUZANNE DÉSILETS

Charbon et Turbo

 

Co-conception de la mise en espace de l’exposition—Denis Rioux 

 

  • Exposition
© Marie-Suzanne Désilets, Exposition " Charbon et Turbo", Galerie B-312, 2007.

Intéressée par les notions de présence, de proximité et de distance dans la ville, Marie-Suzanne Désilets construit des situations parfois invraisemblables qui agissent comme des catalyseurs de rencontres, des micro-événements s’insinuant dans le quotidien. Depuis 1996, elle a réalisé et présenté de nombreux projets au Québec, au Canada et à l’étranger. Elle possède une formation en design et en art et détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Elle enseigne à l’École de design industriel de l’Université de Montréal et est impliquée  au centre d’artistes Dare-Dare à Montréal depuis 1999. 

25 octobre 2007 au 1 décembre 2007

—VERNISSAGE JEUDI 25 OCTOBRE À 19H

La Galerie B-312 accueille Charbon et Turbo, de Marie-Suzanne Désilets, une œuvre à la croisée de l'installation, de la photographie et de l'exercice littéraire. Au mur, une phrase et quelques images énigmatiques ; dans la salle, une multitude de lutrins ; dessus, des grands cahiers à consulter. On les ouvre, ça raconte et ça montre. C’est intime, tendre, triste, drôle, douloureux. Au mur, dans la salle, sous la couverture des cahiers, mots et images racontent par bribes. Des moments, des instants racontés, photographiés, évoqués.—Depuis plus de deux ans, Marie-Suzanne Désilets travaille sur un projet qui aborde la question des manques affectifs et de leurs succédanés. Un lapin et un godemiché, Charbon et Turbo, deviennent le prétexte à l’invention d’un récit, une mise en intrigue où se confondent l’imaginaire et le réel, les phantasmes et le quotidien, soulevant au passage les limites du suggestif et de la décence, de la gêne et des tabous. Au fil des jours, l’artiste provoque des rencontres, tient un journal, accumule des photographies, des objets, des dessins. Leur histoire, toujours en devenir, se présente inachevée, en cours de processus. Elle s’étale en morceaux sur plusieurs supports, incomplets et précaires.—L’œuvre chahute les modalités convenues de la lecture, laissant du coup au visiteur le loisir de reconduire le sens à sa façon. Passant de cahier en cahier, des mots aux images et des images aux mots, quittant les cahiers pour l’espace de la galerie et pour les objets qui s’y déploient, rebroussant parfois chemin pour revenir aux cahiers, et ainsi de suite, il reconstituera une histoire parmi d’autres possibles.—Guidé par l’œuvre, le voilà en train de faire l’expérience que les sens édifiés visent moins le dévoilement de la vérité que l’atténuation de l’absence de sens dont la vie a horreur.

—JEAN-MARIE ROYER