Migration sédentaire

Philippe Allard

Migration sédentaire

Conversations Montréal | Lyon — Factatory

Commissaires 
Marthe Carrier
Chloé Grondeau

  • Exposition
P Allard, Migration sédentaire, 2018—Conversations. Montréal | Lyon—Crédit photo : Jean-Marc Fredette

Philippe Allard s’intéresse à l’impact des activités humaines sur l’environnement. Inspiré de l’Arte Povera, il récupère et collectionne des matériaux et objets issus de la production industrielle et en détourne la signification première en les transposant dans un nouveau contexte. En exposant des objets produits en série, tels des caisses de lait, des antennes paraboliques, des palettes de transport, il examine les conséquences environnementales d’une société de consommation à l’obsolescence programmée. Privilégiant les interventions in situ, il a réalisé plusieurs commandes d’œuvres publiques et privées.
Bachelier en design graphique de l’UQAM, Philippe Allard est un artiste autodidacte vivant et travaillant à Montréal. Ses œuvres ont fait l’objet d’expositions individuelles, notamment au centre Articule, à la Fonderie Darling et dernièrement au Confederation Centre de Charlottetown. Il a également participé à plusieurs expositions collectives, dont à la 5e Biennale de Marrakech et au 31e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul 2013. Il fut, avec Justin Duchesneau, lauréat du concours de la Place des Arts de Montréal (2009) et récipiendaire du prix d’art public de l’AGAC (2014). Depuis 2013, il a réalisé plusieurs œuvres sculpturales d’intégration à l’architecture, dont deux pour le 375e anniversaire de la Ville de Montréal en 2017.

6 avril 2018 au 26 mai 2018

La pratique de Philippe Allard s’ancre dans le bâti des villes. Monumentale, presque toujours exécutée dans l’espace public, chaque intervention exacerbe le lieu depuis lequel elle prend forme. À la Factatory, dans les friches jouxtant les voies de circulation ferroviaire et à proximité des modules temporaires offerts en résidence, l’artiste propose Migration sédentaire, une œuvre qui interpelle notre rapport à la mouvance, aux frontières et aux déplacements. Philippe Allard investit le lieu en lui adjoignant des abris de fortune : caravanes aériennes, juchées sur pilotis, qu’on peut explorer, s’approprier. Leur élévation hors sol n’est pas sans rappeler les cabanes d’enfants. L’absence d’assises en fait aussi des maisons mobiles. Jeu, voyage, déplacement. Habitacles qu’on occupe temporairement. Espaces de vie implantés au cœur d’un espace de recherche. Dialogues. Écho. En même temps, ces constructions érigées sur une terre en friches rejoignent l’actualité. Partout en Europe, dont en France, on voit s’élever tentes et autres abris de misère. Crises de réfugiés humanitaires, climatiques et politiques. Déplacement des populations. Dans le contexte actuel des mouvements migratoires, comment poser les balises d’accueil ? Comment en gérer le flux ? Quelles positions défendre ? La sédentarité est-elle un luxe ? Deviendrons-nous tous des migrants ?

CONVERSATIONS MONTRÉAL | LYON

LES ARTISTES – LES LIEUX
Philippe Allard – La Factatory
Jean-Pierre Aubé Tator
Thomas Bégin – Tator
Julie Favreau – La BF15
Isabelle Guimond – Néon
Noémi McComber – Néon
Tricia Middleton – Néon
Guillaume Adjutor Provost – Bikini

EN RÉSIDENCE
Philippe Allard – La Factatory – du 15 mars au 4 avril 2018
Thomas Bégin – La Factatory – 
du 8 mars au 31 mars 2018
Julie Favreau – Moly Sabata – du 28 février au 31 mars 2018
Tricia Middleton – Néon – du 22 mars au 4 avril 2018

LA FACTATORY
Architecture modulaire, mobile et modulable, la Factatory connaît aujourd’hui sa 2ème configuration. Elle est désormais constituée de deux volumes, fabriqués en bois, acier et vitrage, à l’image des modules de Jean Prouvé : un espace collectif de 54 m2 et un petit module de 18 m2. Le petit fonctionne exclusivement comme un atelier de travail pour artistes plasticiens, designers et architectes. Le grand lui, fonctionne comme un espace hybride expérimental faisant office d’atelier de travail et d’espace d’exposition de manière simultanée, dans l’idée de rendre lisible et visible le processus de création. Lieu de création/production transversal, dédié avant tout à la recherche et à l’expérimentation de par une sélection de créateurs, sur appel à candidature, aux activités diverses, occupant ces espaces sur des durées déterminées variables et de par une configuration architecturale adaptable et flexible en fonction des usages.


Conversations. Montréal / 
Lyon a été rendu possible grâce à l'appui du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts de Montréal et du Ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec / Fonds Émérillon de coopération franco-québécoise et de l'Institut français / Ville de Lyon.