Tropical Cruise

Noémie Weinstein

Tropical Cruise

Vernissage le jeudi 21 novembre 2019 à 17h30

  • Exposition
© Noémie Weinstein

Originaire de Rouen, en France, Noémie Weinstein vit et travaille à Montréal. Elle obtient en 2015 une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Elle s’intéresse aux notions de temporalité, de solitude et d’absence à travers la représentation d’une diversité d’espaces architecturaux. Ses peintures, ses dessins et ses collages ont été présentés au sein d’expositions individuelles et collectives, telles que Faux climats (Maison des arts de Laval, 2018), Les Aérogares (Centre d’artistes ADMARE, 2016), Six peintres - deux écoles - trois lieux - une rencontre (Galerie B-312, 2017) et Réinventer l’espace (CIRCA, 2015).

Site web

21 novembre 2019 au 21 décembre 2019

Parce que le navire incarne à la fois la réalisation de l'exigence
d'être-chez-soi et celle de l'évasion, il est (...) l'archétype
de la contradiction résolue. Il met en équilibre les efforts
diamétralement opposées d'habitat et d'aventure.
—PETER SLOTERDIJK

La Galerie B-312 est heureuse de présenter Tropical Cruise, la plus récente exposition de Noémie Weinstein qui nous plonge dans l’univers fantasmé du tourisme maritime.—Le navire de croisière fascine. Sa spécificité d’être un territoire fermé, mais ayant la capacité de se mouvoir vers les contrées les plus exotiques, en fait une hétérotopie riche de projections imaginaires.—Si au départ, les paquebots étaient destinés aux grandes traversées intercontinentales, l’industrie de la croisière telle qu’on la connaît aujourd’hui s’est développée au moment même où ces traversées auraient pu disparaître. Après la commercialisation du transport aérien dans les années 50, le navire s’est réinventé pour devenir lui-même source de divertissements et de découvertes en multipliant les escales dans des destinations exotiques.—Aujourd’hui, les croisières de courte durée fleurissent et les escales, première raison d’être des croisières, ne sont plus aussi capitales. Le navire, hôtel de luxe flottant, emprunte de plus en plus au parc thématique et offre une grande variété d’activités sportives et de loisirs devenant une destination en soi. La croisière porte donc en elle son lot de paradoxes. Le voyageur, friand d’exclusivités et de découvertes, semble toutefois préférer l’inauthentique décor de voyage à la réalité.—Noémie Weinstein en est bien consciente, et c’est sur ce point de bascule qu’elle a élaboré les tableaux constituant Tropical Cruise. Les lieux qu’elle peint sont un appel à cet exotisme imagé. Vidés de toute trace humaine et désertés, ils appuient sur le caractère factice de l’industrie touristique. À ses tableaux de moyenne et grande dimension, l’artiste a choisi de joindre de petits dessins dont le format n’est pas sans rappeler la carte postale. Les teintes acidulées et fluorescentes des piscines rappellent le turquoise idéalisé des photos de voyage de bord de mer, ce rêve construit et vendu. En cela, la peinture de Noémie Weinstein est plus largement une critique de la perte d’authenticité de l’expérience vécue.

—ISABELLE GUIMOND