CARROUSELS

PATRICK COUTU, CHARLES GUILBERT

CARROUSELS

 

Serge Murphy—invite—

 

© Exposition Carroussels, Galerie-B-312, 2002.

Patrick Coutu a participé à de nombreuses expositions collectives. En 2001, on pouvait voir ses œuvres entre autres lors de l’exposition L’effet du logis, tenue au Studio Cormier dans le cadre de la saison de la France au Québec,  (commissaire : Emmanuel Galland) et de l’événement Des nouvelles de Tchékhov, présenté à la Galerie Plein Sud (commissaire : Bernard Lamarche). Il était invité à Artifice 98, organisé par le Centre des Arts Saidye Bronfman. Il a tenu des expositions individuelles à Clark, à l’Écart et à Espace Virtuel et il exposera prochainement au Musée du Québec (commissaire : Mélanie Boucher).—Artiste multidisciplinaire, Charles Guilbert est connu entre autres pour sa pratique vidéographique qu’il a présenté lors de diverses manifestations artistiques, au Québec comme à l’étranger. On a pu son travail, souvent en collaboration avec Nathalie Caron, au Musée d’art contemporain de Montréal, au Centre d’exposition de Val d’Or, à Skol, à l’Œil de Poisson et dans le cadre d’Interface IV.  Parmi ses expositions collectives, mentionnons Les Images complices présentée en Belgique et aux Pays-Bas (commissaire : Marie-Josée Jean) et sa participation à la Biennale internationale de Montréal organisée par le CIAC (1998). Il a également publié des recueils avec différentes maisons d’édition.

 

19 janvier 2002 au 16 février 2002

La célébration des dix ans de la Galerie B-312 continue et Serge Murphy, qui a très aimablement accepté d’y participer, nous offre Carrousels pour cette troisième exposition des six programmées. Il y réunit deux propositions plastiques inédites respectivement de Patrick Coutu et Charles Guilbert. Selon les propres termes de Serge Murphy, l’œuvre de Patrick Coutu présentée dans la grande salle est comme « une longue phrase photographique ». Mais que raconte-t-elle ? Dans la deuxième salle de la galerie, Charles Guilbert a tracé à même les murs des évocations graphiques, une voix est en train de les décrire via un enregistrement sonore diffusé en boucle. Il appartient donc au spectateur d’ajuster ce qu’il entend à ce qu’il voit. Pourquoi un tel dispositif  ? Les deux œuvres commémorent la formation du sens, mais toutes les deux laissent vacante la raison d’être de la formation comme telle. Pourquoi le sens fait-il sens ? Pourquoi faire en sorte de faire récit  ?—En réunissant ces deux œuvres pour nous, Serge Murphy dit souhaiter « témoigner ainsi de façon absolue, sensible et radicale du monde dans lequel [il vit] ». Sans doute, y a-t-il là un début de réponse à la question de la raison d’être du sens, quand, dans l’intervalle des propositions respectives de Patrick Coutu et Charles Guilbert, résonnent, sans que le propos ait le moindrement vieilli, quelques-unes des paroles de l’introduction de Montaigne à ses Essais : « Je veux qu’on m’y voie en ma façon si simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c’est moi que je peins […] Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre […] ». Tel est le gage, ai-je envie d’ajouter, de l’universalité de ce qui est en train de se déployer de sens au fil d’une narration.

—JEAN-ÉMILE VERDIER