Les papillons écrasés rêvent aussi

Chloë Lum & Yannick Desranleau

Les papillons écrasés rêvent aussi

Momenta x Galerie B-312

COMMISSAIRE — STEFANIE HESSLER
AVEC LA COLLABORATION DE CAMILLE GEORGESON-USHER, DE
MAUDE JOHNSON ET DE HIMALI SINGH SOIN

  • Exposition
© Chloë Lum & Yannick Desranleau, The Garden of a Former House Turned Museum, image tirée de la vidéo, 2021. Avec l'aimable autorisation des artistes.

Chloë Lum (née à Sudbury, au Canada; vit à Montréal, au Canada) et Yannick Desranleau (né à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Canada ; vit à Montréal, au Canada) forment un duo d’artistes qui explore les relations entre les corps et les objets, les uns et les autres étant considérés comme des sujets sensibles et performants. Prenant couramment la forme d’installations, leurs œuvres se situent à l’intersection de la performance, de la danse, du théâtre, de la musique et de la littérature.

Site web des artistes

MOMENTA Biennale de l’image est une biennale internationale d’art contemporain vouée à l’image. Sa mission est de générer un impact sensible et sensé sur le monde qui nous entoure par l’entremise de l’image. La manifestation met en œuvre des initiatives rassembleuses et structurantes pour la diffusion de l’art et l’éducation, initiatives qui favorisent la réflexion et l’accès à l’art contemporain. Fondé en 1989 sous l’appellation Le Mois de la Photo à Montréal, l’organisme est rebaptisé MOMENTA Biennale de l’image en 2017. La dernière édition de la biennale, en 2019, incluait 13 expositions, 39 artistes et 40 évènements publics ; elle a rejoint un public dont l’affluence s’est traduite par plus de 210 000 visites d’exposition. Plusieurs activités se tiendront dans le cadre de la biennale.

Site web de MOMENTA

8 septembre 2021 au 16 octobre 2021

La Galerie B-312 est heureuse de présenter The Garden of a Former House Turned Museum, une œuvre vidéo inédite de Chloë Lum et Yannick Desranleau mettant en scène une correspondance chantée et dansée entre une interlocutrice contemporaine anonyme et l’écrivaine brésilienne Clarice Lispector. Abordant les thèmes du langage, de la nature, de l’urbanité et de la maladie – qu’ont en commun la protagoniste et l’écrivaine –, l’exposition sonde la porosité des frontières entre les humains et le monde matériel. Composée de plusieurs chansons, l'oeuvre métamusicale, qui offre un libretto au spectre de Lispector, puise dans la vie végétale de Rio de Janeiro, terre d'adoption de Lispector, ainsi que dans sa correspondance, que les artistes ont découverte en menant des travaux de recherche au Brésil. Lum, tout comme Lispector, souffre de douleur chronique. Au nom de l'artiste, la protagoniste fictive de la vidéo demande conseil à l'auteure, tout en imaginant de quelle façon la vie végétale qui prolifère dans la ville brésilienne a pu inspirer ces notions de croissance et de détérioration simultanée dans ses écrits.

Un monde fantastique m'entoure et m'est. J'entends le chant fou d'un petit oiseau et j'écrase des papillons entre mes doigts. Je suis un fruit rongé par un ver. Et j'attends l'apocalypse orgasmique.
Dans son livre Água Viva (1973), la romancière Clarice Lispector provoque un courant de conscience hypnotique oscillant entre l'éveil et le rêve. Son texte tisse des liens profonds entre les mondes intérieurs de sa protagoniste et les personnes et animaux qui l'entourent, dans un flux d'écriture évoquant la ferveur érotique. Toute distinction entre les corps, les sentiments et les désirs se désagrège, faisant place à une perpétuelle métamorphose. Simultanément, la transformation de larves en papillons – ou l'ingestion d'une femme par un ver – fait aussi advenir des moments de violence. Dans cette scène tirée de l'univers littéraire de Lispector, le monde naturel devient monstrueux, dévorant l'écrivaine.

À PROPOS DE LA BIENNALE
Quand la nature ressent, la 17e édition de MOMENTA Biennale de l'image, concocte des philtres d'amour grâce auxquels nous pouvons réfléchir et ressentir des relations différentes et bienveillantes avec la nature. La biennale considère la justice environnementale et ses croisements avec la justice sociale non seulement en tant que manière d'analyser et de militer, mais aussi de sentir et de ressentir. Les artistes nous invitent à nouer des affinités intimes avec des vies et des mondes non humains. Leurs oeuvres font place à des récits qui habitent les frontières estompées entre technologies et sagesses ancestrales. Ils nous proposent d'écouter – d'observer, de sentir, de toucher – le territoire, l'eau et l'air, de leur adresser la parole, non pas pour les interpréter à distance ni