Aller au contenu principal

Eruoma Awashish, Dayna Danger, Cedar Eve, Patricia Langevin, Andrée Levesque Sioui, Virginia Pesemapeo Bordeleau et Cheyenne Rain LeGrande

Oya’wih

Michèle St-Amand, commissaire

Exposition
au
to
Image
© Patricia Langevin, détail de 13 pleines lunes / Kutulnu ashu nisht(u) shakassineu tapishkau-pishim(u)

Michèle St-Amand est candidate à la maîtrise recherche-intervention en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est titulaire d’une maîtrise en sexologie clinique (UQAM), d’un certificat en arts plastiques (UQAM), d’un microprogramme 2e cycle en art-thérapie (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue) et d’un certificat en muséologie et diffusion de l’art (UQAM). En tant que sexologue-psychothérapeute pendant plusieurs années, elle a intégré l’art dans sa pratique, majoritairement auprès de femmes victimes d’agression sexuelle et en intervention post-traumatique. Elle s’intéresse à la décolonisation de la sexualité des femmes autochtones par l’expression artistique. De plus, elle a le souci d’intégrer les protocoles autochtones en recherche et en commissariat. Michèle St-Amand est membre de la Nation Wendat.

Eruoma Awashish est une artiste visuelle Atikamekw Nehirowisiw titulaire d'un baccalauréat en art interdisciplinaire de l'Université du Québec à Chicoutimi et poursuivant actuellement une maîtrise recherche et création en art avec une orientation centrée sur la décolonisation du sacré. Récompensée du Prix en art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec, elle a participé à des événements artistiques tels que la biennale Révélations 2023 au Grand Palais de Paris et l'exposition Territoires sous observation au Museo Raúl Anguiano à Guadalajara au Mexique. De plus, elle a été présente aux éditions 2018 et 2024 de la Biennale d'art contemporain autochtone. Eruoma Awashish a grandi dans sa communauté d’origine, Opitciwan, a résidé à Wemotaci et son atelier est maintenant établi au Pekuakami (Lac-Saint-Jean) dans la communauté Ilnu de Mashteuiatsh. Sa démarche artistique vise à créer des espaces de dialogue favorisant une meilleure compréhension des cultures des Premières Nations.
Instagram de l'artiste

Dayna Danger est une personne bispirituelle, indigiqueer, métisse-saulteaux-polonaise, artiste visuelle, tanneuse de cuir et perlière née à Saskatoon ayant grandi sur le territoire du Traité n° 1. Parmi ses expositions récentes, citons Àbadakone à la Galerie nationale du Canada à Ottawa (2019) et Indexing Resistance à the plumb à Toronto (2022). En plus d’avoir récemment été artiste en résidence pour le projet Indigenous International : Green Architecture Project au Kenya, par l'intermédiaire de la fondation Soul of Nations aux États-Unis (2021-22), iel a participé à plusieurs résidences au Canada. Sa série de portraits photographiques Big'Uns a fait la couverture de la revue Canadian Art à l’été 2017. Dayna Danger fait partie de la longue liste du Prix Sobey pour les arts 2021. L’artiste prépare un doctorat à l'Université Concordia axé sur les rôles et les responsabilités des personnes bispirituelles dans la culture et les camps de tannage de peaux.
Site web de l'artiste

Cedar Eve est une artiste visuelle qui vit actuellement à Montréal. Née à Toronto où elle a grandi, elle est Anishinaabe (Ojibwés), originaire de la Première Nation de Saugeen et du territoire non cédé de Wikwemikong. Elle a obtenu son diplôme de baccalauréat en arts plastiques à l'Université Concordia en 2012, études pendant lesquelles elle s'est principalement consacrée à la peinture. Artiste perlière à temps plein, son entreprise, Cedar Eve Creations, se spécialise dans les bijoux en perles et les vêtements sérigraphiés en édition limitée. Pendant l'année scolaire, elle enseigne les arts aux jeunes Cris de la Baie James dans le Nord du Québec.
Instagram de l'artiste

Artiste multidisciplinaire engagée et membre de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh au Lac-Saint-Jean, Patricia Langevin se démarque en 2025 avec Tipelimitishun I Liberté, une installation alliant verre soufflé et sérigraphie qui a remporté plusieurs prix et bourses avant d’être présentée dans le cadre de l'événement IMPACT-13, colloque académique international sur l'art de l'estampe. Elle présente une exposition réalisée en duo avec sa filleule Raphaëlle Langevin au Musée ilnu de Mashteuiatsh en 2023 et au Musée des Abénakis d'Odanak en 2024. Elle prend part au Festival Art Souterrain en 2024 et participe à différentes expositions collectives autochtones depuis 2021. En 2026, elle présentera sa première exposition solo Tshitehinu, tshitipatshimunnu / Notre cœur, notre histoire au Musée ilnu de Mashteuiatsh. Boursière du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), Patricia Langevin propose des œuvres incarnées inscrites dans une démarche de réappropriation culturelle et identitaire.
Instagram à l'artiste

Née à Québec, Andrée Levesque Sioui est autrice-compositrice-interprète, poète et conteuse. Elle est l’interprète principale de trois albums, dont Yahndawa’ (2011) pour lequel elle a gagné le prix de la meilleure réalisation d’album aux Native American Music Awards (2013). Membre de la Nation Wendat, elle enseigne la langue wendat à Wendake depuis 2010. Elle publie dans les collectifs Confluence, Comme une rivière en dérouine, Immersion dans l’univers végétal des milieux humides (La Traversée), Chambres fortes (Hamac). En 2021, elle publie son premier recueil de poésie aux Éditions Hannenorak, finaliste d’Une ville, un livre et des Indigenous Voices Awards (2022). Elle présente aussi des œuvres d’arts visuels en solo et en trio, notamment au sein du collectif Yahndawa’ : Portages entre Québec et Wendake. À l’automne 2024, elle fut de la distribution de la pièce de théâtre Yahndawa’ : ce que nous sommes, de Marie-Josée Bastien, présentée au Théâtre du Trident.
Page sur l'artiste

Née en Jamésie, au nord-ouest du Québec, Virginia Pesemapeo Bordeleau est une artiste multidisciplinaire eeyou. Depuis le début des années 1980, elle a exposé ses œuvres au Québec, au Canada, au Mexique et en Europe. En 2006, elle obtient le prix d’excellence en région remis par le CALQ et la mention Télé-Québec en poésie. En 2020, elle obtient le prix de l’artiste de l’année en Abitibi-Témiscamingue remis par le CALQ et présente une rétrospective de quarante ans de carrière au Musée d’art de Rouyn-Noranda. Elle a assumé le commissariat de plusieurs expositions sous le thème du dialogue entre artistes de différentes nations. En 2023, elle est reçue chevalière de l’Ordre des palmes académiques de la République française et devient Docteure H.C. de l’Université de Moncton.
Site web de l'artiste

Cheyenne Rain LeGrande ᑭᒥᐊᐧᐣ est une artiste nehiyaw, originaire de la Nation Crie de Bigstone. elle réside actuellement à Amiskwaciy Waskahikan, également connue sous le nom d'Edmonton, en Alberta. Ancré dans la force de ressentir, d'exprimer et de guérir, son travail est une expression d'amour, de résilience et de joie intergénérationnelles. En utilisant son corps et le langage, elle évoque le passé, le présent et l'avenir, en explorant l'espace hybride entre la tradition et la culture pop nehiyaw. En invoquant ses ancêtres pour l’accompagner, elle évolue entre l'installation, la photographie, la mode, la vidéo, le son, l'art public et l'art de la performance.
Instagram de l'artiste

au
to

Et si on imaginait une sexualité des femmes autochtones qui s’exprime sans tabous ni biais coloniaux ? L’invitation à cette réflexion a été lancée aux artistes Eruoma Awashish (Atikamekw), Cedar Eve (Anichinabée), Dayna Danger (Métis-Saulteaux-Polonais·e), Patricia Langevin (Ilnue), Andrée Levesque Sioui (Wendat), Virginia Pesemapeo Bordeleau (Eeyou) et Cheyenne Rain LeGrande (Crie). Avec leurs œuvres créées pour l’occasion ou jamais dévoilées, les sept artistes embrassent des thèmes comme le désir, la relation, la fertilité, la culture kink, les cycles, les cérémonies, l’identité, le territoire et la tradition orale.

La colonisation a eu des impacts considérables sur la sexualité des Peuples Autochtones. Continuer de dénoncer les violences coloniales, parler des traumatismes, est essentiel. Oya’wih, « cela goûte bon » en langue wendat, est une exposition collective et collaborative qui présente une réalité parallèle dans laquelle il n’y a pas eu de colonisation sur l’Île de la Tortue, soit en « Amérique du Nord ». L’idée derrière l’exposition est apparue comme une réponse aux constats sur les ravages de la colonisation sur le corps et la sexualité des femmes autochtones.

L’uchronie, c’est-à-dire s’amuser avec la temporalité en changeant un élément de l’histoire pour créer une autre réalité, est proposée pour permettre à l’imaginaire de circuler librement, sans les carcans coloniaux, patriarcaux et hétéronormatifs, et s’inscrit dans une voie de guérison, d’affirmation et de décolonisation de la sexualité.
Dans ce processus, le « dé » implique de se libérer des impositions coloniales. Or, cette exposition est « pour » la sexualité des femmes autochtones et l’accent est mis sur le « re » : (ré)appropriation, (re)érotisation, (re)connexion. Cet exercice vise à identifier des pistes pour aller vers une sexualité désirée, plutôt que de lutter contre une sexualité imposée.

Trop rarement la sexualité autochtone est représentée dans toute sa beauté et sa fluidité, pour toustes. L’art est un vecteur puissant pour le faire. Ainsi, l’exposition permet à l’érotisme et à la sexualité autochtones de danser avec un éventail de matérialités et de matières comme la transparence lumineuse, les éléments organiques, les couleurs vives, le perlage et la broderie.

Oya’wih regroupe donc des œuvres multidisciplinaires d’artistes de différentes Nations et générations et s’identifiant comme femme, femme queer ou bispirituel·le. Leur généreuse participation permet de contempler l’incarnation des représentations de la sexualité des femmes autochtones selon différentes perspectives. Une liberté de création et de médiums a été accordée afin de leur permettre d’explorer le sujet de la sexualité dans ses multiples dimensions, avec la confiance que la magie opérerait.

Ici, les artistes reprennent possession du récit dans un espace d’expression, de sororité, de respect et de plaisir. Cette exposition est une célébration créative de la sexualité holistique des femmes autochtones, une sexualité ancrée dans les traditions et valeurs autochtones… Oya’wih.
 

— Michèle St-Amand

Plus d'informations sur les oeuvres et les démarches des artistes

Michèle St-Amand est candidate à la maîtrise recherche-intervention en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est titulaire d’une maîtrise en sexologie clinique (UQAM), d’un certificat en arts plastiques (UQAM), d’un microprogramme 2e cycle en art-thérapie (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue) et d’un certificat en muséologie et diffusion de l’art (UQAM). En tant que sexologue-psychothérapeute pendant plusieurs années, elle a intégré l’art dans sa pratique, majoritairement auprès de femmes victimes d’agression sexuelle et en intervention post-traumatique. Elle s’intéresse à la décolonisation de la sexualité des femmes autochtones par l’expression artistique. De plus, elle a le souci d’intégrer les protocoles autochtones en recherche et en commissariat. Michèle St-Amand est membre de la Nation Wendat.

Eruoma Awashish est une artiste visuelle Atikamekw Nehirowisiw titulaire d'un baccalauréat en art interdisciplinaire de l'Université du Québec à Chicoutimi et poursuivant actuellement une maîtrise recherche et création en art avec une orientation centrée sur la décolonisation du sacré. Récompensée du Prix en art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec, elle a participé à des événements artistiques tels que la biennale Révélations 2023 au Grand Palais de Paris et l'exposition Territoires sous observation au Museo Raúl Anguiano à Guadalajara au Mexique. De plus, elle a été présente aux éditions 2018 et 2024 de la Biennale d'art contemporain autochtone. Eruoma Awashish a grandi dans sa communauté d’origine, Opitciwan, a résidé à Wemotaci et son atelier est maintenant établi au Pekuakami (Lac-Saint-Jean) dans la communauté Ilnu de Mashteuiatsh. Sa démarche artistique vise à créer des espaces de dialogue favorisant une meilleure compréhension des cultures des Premières Nations.
Instagram de l'artiste

Dayna Danger est une personne bispirituelle, indigiqueer, métisse-saulteaux-polonaise, artiste visuelle, tanneuse de cuir et perlière née à Saskatoon ayant grandi sur le territoire du Traité n° 1. Parmi ses expositions récentes, citons Àbadakone à la Galerie nationale du Canada à Ottawa (2019) et Indexing Resistance à the plumb à Toronto (2022). En plus d’avoir récemment été artiste en résidence pour le projet Indigenous International : Green Architecture Project au Kenya, par l'intermédiaire de la fondation Soul of Nations aux États-Unis (2021-22), iel a participé à plusieurs résidences au Canada. Sa série de portraits photographiques Big'Uns a fait la couverture de la revue Canadian Art à l’été 2017. Dayna Danger fait partie de la longue liste du Prix Sobey pour les arts 2021. L’artiste prépare un doctorat à l'Université Concordia axé sur les rôles et les responsabilités des personnes bispirituelles dans la culture et les camps de tannage de peaux.
Site web de l'artiste

Cedar Eve est une artiste visuelle qui vit actuellement à Montréal. Née à Toronto où elle a grandi, elle est Anishinaabe (Ojibwés), originaire de la Première Nation de Saugeen et du territoire non cédé de Wikwemikong. Elle a obtenu son diplôme de baccalauréat en arts plastiques à l'Université Concordia en 2012, études pendant lesquelles elle s'est principalement consacrée à la peinture. Artiste perlière à temps plein, son entreprise, Cedar Eve Creations, se spécialise dans les bijoux en perles et les vêtements sérigraphiés en édition limitée. Pendant l'année scolaire, elle enseigne les arts aux jeunes Cris de la Baie James dans le Nord du Québec.
Instagram de l'artiste

Artiste multidisciplinaire engagée et membre de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh au Lac-Saint-Jean, Patricia Langevin se démarque en 2025 avec Tipelimitishun I Liberté, une installation alliant verre soufflé et sérigraphie qui a remporté plusieurs prix et bourses avant d’être présentée dans le cadre de l'événement IMPACT-13, colloque académique international sur l'art de l'estampe. Elle présente une exposition réalisée en duo avec sa filleule Raphaëlle Langevin au Musée ilnu de Mashteuiatsh en 2023 et au Musée des Abénakis d'Odanak en 2024. Elle prend part au Festival Art Souterrain en 2024 et participe à différentes expositions collectives autochtones depuis 2021. En 2026, elle présentera sa première exposition solo Tshitehinu, tshitipatshimunnu / Notre cœur, notre histoire au Musée ilnu de Mashteuiatsh. Boursière du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), Patricia Langevin propose des œuvres incarnées inscrites dans une démarche de réappropriation culturelle et identitaire.
Instagram à l'artiste

Née à Québec, Andrée Levesque Sioui est autrice-compositrice-interprète, poète et conteuse. Elle est l’interprète principale de trois albums, dont Yahndawa’ (2011) pour lequel elle a gagné le prix de la meilleure réalisation d’album aux Native American Music Awards (2013). Membre de la Nation Wendat, elle enseigne la langue wendat à Wendake depuis 2010. Elle publie dans les collectifs Confluence, Comme une rivière en dérouine, Immersion dans l’univers végétal des milieux humides (La Traversée), Chambres fortes (Hamac). En 2021, elle publie son premier recueil de poésie aux Éditions Hannenorak, finaliste d’Une ville, un livre et des Indigenous Voices Awards (2022). Elle présente aussi des œuvres d’arts visuels en solo et en trio, notamment au sein du collectif Yahndawa’ : Portages entre Québec et Wendake. À l’automne 2024, elle fut de la distribution de la pièce de théâtre Yahndawa’ : ce que nous sommes, de Marie-Josée Bastien, présentée au Théâtre du Trident.
Page sur l'artiste

Née en Jamésie, au nord-ouest du Québec, Virginia Pesemapeo Bordeleau est une artiste multidisciplinaire eeyou. Depuis le début des années 1980, elle a exposé ses œuvres au Québec, au Canada, au Mexique et en Europe. En 2006, elle obtient le prix d’excellence en région remis par le CALQ et la mention Télé-Québec en poésie. En 2020, elle obtient le prix de l’artiste de l’année en Abitibi-Témiscamingue remis par le CALQ et présente une rétrospective de quarante ans de carrière au Musée d’art de Rouyn-Noranda. Elle a assumé le commissariat de plusieurs expositions sous le thème du dialogue entre artistes de différentes nations. En 2023, elle est reçue chevalière de l’Ordre des palmes académiques de la République française et devient Docteure H.C. de l’Université de Moncton.
Site web de l'artiste

Cheyenne Rain LeGrande ᑭᒥᐊᐧᐣ est une artiste nehiyaw, originaire de la Nation Crie de Bigstone. elle réside actuellement à Amiskwaciy Waskahikan, également connue sous le nom d'Edmonton, en Alberta. Ancré dans la force de ressentir, d'exprimer et de guérir, son travail est une expression d'amour, de résilience et de joie intergénérationnelles. En utilisant son corps et le langage, elle évoque le passé, le présent et l'avenir, en explorant l'espace hybride entre la tradition et la culture pop nehiyaw. En invoquant ses ancêtres pour l’accompagner, elle évolue entre l'installation, la photographie, la mode, la vidéo, le son, l'art public et l'art de la performance.
Instagram de l'artiste