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Île, fleuve, rivière. Montréal insulaire

Une série d'interventions au bord de l'eau

Magali Babin, Adam Basanta, Mei-Kuei Feu, Richard Ibghy & Marilou Lemmens, 
Pascale Théorêt-Groulx
Joannie Boulais et Marthe Carrier, commissaires

 

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© Francine Savard, designer graphique

Magali Babin | Parc-nature de l’Île-de-la-Visitation
Marches d’écoute au fil de l’eau
Magali Babin propose une série de marches d’écoute aux abords de la rivière des Prairies. Depuis le barrage d’Hydro-Québec aux vestiges de la maison du Meunier, l’artiste a conçu un parcours où l’attention à l’environnement – sonore, olfactif et visuel –, le dessin et l’écriture s’entrecroisent. Une deuxième expérience sonore, Fréquences Rad’eau, prend la forme d’une immersion aquatique. Un hydrophone plongé sous l’eau permet d’entendre l’acoustique de la rivière. Les sons captés par l’appareil sont syntonisés sur une fréquence libre de la bande FM et diffusés à l’aide d’une radio portative. Pour clore cette série de balades sensorielles, une présentation publique inspirée depuis les dessins, mots et sons produits ou enregistrés lors de ces marches se déploiera dans l’espace de la galerie.

Adam Basanta | Quai 5160, Verdun
Monument (Sundial | Cadran solaire)
Au pied du fleuve, à Verdun, Adam Basanta construit une sculpture monolithique à partir d’objets récupérés puis compressés. Rebuts d’atelier, anciennes œuvres, objets glanés dans les écocentres, toutous, canettes comprimées, tout est susceptible de s’y retrouver. L’artiste assemble par groupes de famille le matériel récolté. L’œuvre donne une nouvelle vie à ce qui était voué à l’oubli. Tel un phare, ce monument, cadran solaire, dresse un inventaire hétéroclite de ce que nous rejetons. Qu’en est-il des déchets qui jonchent les rives du fleuve ? Pourraient-ils faire œuvre ? Avec la complicité du Quai 5160, une promenade le long des berges servira d’ancrage à une discussion sur la préservation des rives, suivie d’un atelier exploratoire de collecte et de transformation de la matière.

Mei-Kuei Feu | Pointe-aux-Trembles
Le fleuve qui nous relie
À même une série de rencontres et d’échanges avec des gens qui se promènent le long du fleuve, Mei-Kuei Feu s’intéresse à la mémoire et aux histoires qu’évoque le fleuve Saint-Laurent pour les passants. Pour ce projet, elle s’est associée aux Jeunes Marins Urbains, un organisme à but non lucratif qui offre des activités nautiques gratuites, comme point d’ancrage à ses explorations humaines et fluviales. Vous la verrez peut-être déambuler avec son chariot et partager le thé avec ses convives, un geste simple, mais dans lequel elle s’investit pleinement. Au terme de ses promenades, en partenariat avec la maison de la culture de Pointe-aux-Trembles, elle présentera une vidéo où s’entrecroisent témoignages et réflexions autour du fleuve qui nous relie. C’est un rendez-vous au chalet du parc Clémentine-De La Rousselière.

Richard Ibghy et Marilou Lemmens | Lieu à confirmer
Ponts soleil pour couleuvres
En examinant les animaux et les insectes présents sur l’île de Montréal, les artistes ont été attirés par les couleuvres, ces reptiles à « sang froid » souvent mal-aimés. Ils se sont entre autres intéressés à la couleuvre brune, une espèce menacée qui ne se trouve nulle part ailleurs au Québec. Au fil de leurs recherches, ils ont découvert que les couleuvres adorent se chauffer au soleil. Souhaitant transformer les imaginaires associés à ces animaux, le duo a conçu des structures contribuant au plaisir des reptiles en leur offrant des plateformes pour se prélasser, tels les ponts soleil des navires. Une manière pour eux de témoigner de l’importance de la biodiversité des écosystèmes insulaires, vulnérables aux pressions anthropiques et aux changements globaux. En compagnie de naturalistes, les artistes proposent deux promenades publiques à proximité des ponts soleil.

Pascale Théorêt-Groulx | Parc des Rapides 
Sillonner les rapides
S’inspirant de l’histoire de la descente des billots de bois le long de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent, l’artiste propose un atelier où les enfants créeront des radeaux, qui seront ensuite assemblés en une seule grande cage flottante. C’est ainsi que les cageux procédaient, au XIXe siècle, pour transporter le bois jusqu'à Québec, même s’il leur fallait parfois désassembler puis réassembler ces plateformes flottantes à proximité des rapides. Après avoir expérimenté une descente en planche à pagaie en compagnie d’un naturaliste d’Héritage Laurentien, les enfants procèderont à la mise à l’eau de la cage, qu’ils pourront suivre depuis le rivage. Pour clore cette recherche sur les rapides de Lachine, l’artiste offre deux promenades d’interprétation performative ouvertes à tous où elle explorera la force et la fougue du courant. 

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Montréal est entouré d’eau. Pourtant, dans certains quartiers, on oublie complètement ce rapport au fleuve, aux lacs et aux rivières. Quel lien entretenons-nous avec la nature, qu’on a progressivement domestiquée, Montréal agissant en cela tel un miroir aveuglant ? En rappel, tous ces ruisseaux qui courent, enfouis sous le bitume ? Six artistes ont été invités à s’approprier les rives de Montréal à travers des projets en lien avec la nature et les cours d’eau. 
Investir, à même des projets artistiques, les abords du fleuve Saint-Laurent, depuis les lacs Saint-Louis et des Deux Montagnes à la rivière des Prairies. Explorer les dimensions vivantes de l’île, ses habitants, de tous ordres, animal, minéral, végétal, ses composantes, fluides, audibles, sensibles. C’est à ce projet protéiforme que nous avons convié les artistes : penser et concevoir des projets axés sur l’insularité, qui s’ancrent dans, sur et autour de l’eau. Offrir de nouveaux champs de découvertes, de filiations. En circonscrire les limites. En révéler l’horizon. Composer des paysages inédits.
À l’île de la Visitation, Magali Babin propose une série de marches d’écoute et une performance radiophonique à l’aide d’un hydrophone. À Verdun, au pied du fleuve, Adam Basanta dresse un monolithe de matériaux récupérés tel un phare érigé. À Pointe-aux-Trembles, Mei-Kuei Feu recueille les souvenirs des passants qu’elle jouxte à ses réflexions sous la forme d’une vidéo. Sur les flancs ouest de l’île, Richard Ibghy et Marilou Lemmens construisent des ponts soleil pour les couleuvres et convie le public à des randonnées en compagnie de naturalistes. Dans le secteur des rapides de Lachine, Pascale Théorêt-Groulx construit des radeaux avec les enfants et propose des performances inspirées par la force du courant.
À la manière d’un parcours, dans l’espace et le temps, les interventions, disséminées au pourtour de l’île, s’échelonneront de la fin juillet à la fin octobre 2025 : des propositions conçues spécifiquement pour le territoire, sa faune, sa flore et ses habitants. 

—Marthe Carrier

 

PLUS DE DÉTAILS SUR CHACUN DES PROJETS : 

Magalie Babin
Adam Basanta
Mei-Kuei Feu
Richard Ibghy & Marilou Lemmens
Pascale Théorêt-Groulx


Ce projet a été rendu possible grâce au soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Montréal.

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Merci à nos partenaires :
 

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Magali Babin | Parc-nature de l’Île-de-la-Visitation
Marches d’écoute au fil de l’eau
Magali Babin propose une série de marches d’écoute aux abords de la rivière des Prairies. Depuis le barrage d’Hydro-Québec aux vestiges de la maison du Meunier, l’artiste a conçu un parcours où l’attention à l’environnement – sonore, olfactif et visuel –, le dessin et l’écriture s’entrecroisent. Une deuxième expérience sonore, Fréquences Rad’eau, prend la forme d’une immersion aquatique. Un hydrophone plongé sous l’eau permet d’entendre l’acoustique de la rivière. Les sons captés par l’appareil sont syntonisés sur une fréquence libre de la bande FM et diffusés à l’aide d’une radio portative. Pour clore cette série de balades sensorielles, une présentation publique inspirée depuis les dessins, mots et sons produits ou enregistrés lors de ces marches se déploiera dans l’espace de la galerie.

Adam Basanta | Quai 5160, Verdun
Monument (Sundial | Cadran solaire)
Au pied du fleuve, à Verdun, Adam Basanta construit une sculpture monolithique à partir d’objets récupérés puis compressés. Rebuts d’atelier, anciennes œuvres, objets glanés dans les écocentres, toutous, canettes comprimées, tout est susceptible de s’y retrouver. L’artiste assemble par groupes de famille le matériel récolté. L’œuvre donne une nouvelle vie à ce qui était voué à l’oubli. Tel un phare, ce monument, cadran solaire, dresse un inventaire hétéroclite de ce que nous rejetons. Qu’en est-il des déchets qui jonchent les rives du fleuve ? Pourraient-ils faire œuvre ? Avec la complicité du Quai 5160, une promenade le long des berges servira d’ancrage à une discussion sur la préservation des rives, suivie d’un atelier exploratoire de collecte et de transformation de la matière.

Mei-Kuei Feu | Pointe-aux-Trembles
Le fleuve qui nous relie
À même une série de rencontres et d’échanges avec des gens qui se promènent le long du fleuve, Mei-Kuei Feu s’intéresse à la mémoire et aux histoires qu’évoque le fleuve Saint-Laurent pour les passants. Pour ce projet, elle s’est associée aux Jeunes Marins Urbains, un organisme à but non lucratif qui offre des activités nautiques gratuites, comme point d’ancrage à ses explorations humaines et fluviales. Vous la verrez peut-être déambuler avec son chariot et partager le thé avec ses convives, un geste simple, mais dans lequel elle s’investit pleinement. Au terme de ses promenades, en partenariat avec la maison de la culture de Pointe-aux-Trembles, elle présentera une vidéo où s’entrecroisent témoignages et réflexions autour du fleuve qui nous relie. C’est un rendez-vous au chalet du parc Clémentine-De La Rousselière.

Richard Ibghy et Marilou Lemmens | Lieu à confirmer
Ponts soleil pour couleuvres
En examinant les animaux et les insectes présents sur l’île de Montréal, les artistes ont été attirés par les couleuvres, ces reptiles à « sang froid » souvent mal-aimés. Ils se sont entre autres intéressés à la couleuvre brune, une espèce menacée qui ne se trouve nulle part ailleurs au Québec. Au fil de leurs recherches, ils ont découvert que les couleuvres adorent se chauffer au soleil. Souhaitant transformer les imaginaires associés à ces animaux, le duo a conçu des structures contribuant au plaisir des reptiles en leur offrant des plateformes pour se prélasser, tels les ponts soleil des navires. Une manière pour eux de témoigner de l’importance de la biodiversité des écosystèmes insulaires, vulnérables aux pressions anthropiques et aux changements globaux. En compagnie de naturalistes, les artistes proposent deux promenades publiques à proximité des ponts soleil.

Pascale Théorêt-Groulx | Parc des Rapides 
Sillonner les rapides
S’inspirant de l’histoire de la descente des billots de bois le long de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent, l’artiste propose un atelier où les enfants créeront des radeaux, qui seront ensuite assemblés en une seule grande cage flottante. C’est ainsi que les cageux procédaient, au XIXe siècle, pour transporter le bois jusqu'à Québec, même s’il leur fallait parfois désassembler puis réassembler ces plateformes flottantes à proximité des rapides. Après avoir expérimenté une descente en planche à pagaie en compagnie d’un naturaliste d’Héritage Laurentien, les enfants procèderont à la mise à l’eau de la cage, qu’ils pourront suivre depuis le rivage. Pour clore cette recherche sur les rapides de Lachine, l’artiste offre deux promenades d’interprétation performative ouvertes à tous où elle explorera la force et la fougue du courant.