Les isolés

Mathieu Lévesque

Les isolés

  • Exposition
© Mathieu Lévesque — Vue partielle de l'exposition, Les isolés, Galerie B-312, 2021. Photo : Guy L'Heureux

Mathieu Lévesque est détenteur d’un baccalauréat et d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. À travers sa pratique picturale, il aborde le tableau comme un objet concret et matériel duquel il s’amuse à désorganiser les aspects conventionnels d’élaboration et de composantes pour mieux en révéler les dimensions matérielles, les traces de la réalisation en atelier ainsi que la mise en espace. Son travail a été présenté au sein d’expositions individuelles et collectives telles que Horizons - This is the place (Galerie Trois Points, 2018), Shapé (Maison de la culture Janine-Sutto, 2019), Se mettre à l’œuvre (Musée national des beaux-arts du Québec, 2016) et 2G4E (Regart, centre d’artistes en art actuel, 2016). 

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12 février 2021 au 20 mars 2021

La Galerie B-312 a le plaisir de vous accueillir à nouveau et de vous présenter pour l’occasion l’exposition Les isolés, de Mathieu Lévesque. Si le travail plus récent de l’artiste questionne toujours les limites possibles du tableau en tentant de les redéfinir, sa pratique a toutefois pris une orientation formelle différente. En effet, après avoir investi pendant près de dix ans le shaped canvas, l’artiste marque avec Les isolés un retour au format rectangulaire. Le travail demeure toutefois fortement articulé autour de la tension qui s’opère entre le savoir-faire et le laisser-faire du peintre. En se jouant des composantes de base et en désorganisant les étapes habituelles d’élaboration du tableau, l’artiste isole et révèle d’autant plus, dans cette série investissant un format plus traditionnel, la dimension matérielle de ses recherches basées sur la mise en valeur du processus. Le tableau, ayant retrouvé sa forme plus convenue, opère autrement. C’est un dispositif laissant visible l’ensemble des interventions l’ayant construit. Il oblige le regard, soumis à sa surface concrète et matérielle, à s’évader et à chercher des corrélations entre les tableaux, dans l’espace qui les sépare, mais aussi entre ceux-ci et la matérialité du mur sur lequel ils sont présentés. En investissant « le repentir » non plus comme une façon de corriger, mais bien de construire l’oeuvre, Mathieu Lévesque fait de cette action un geste radical où l’effacement d’une partie, voire de presque tout le tableau, devient sa composante physique principale. Imparfaite, craquelée, en relief, la zone d’effacement effectue une découpe géométrique laissant voir par endroits les traces colorées posées préalablement, tout en effectuant un véritable renversement au sein des couches picturales. En effet, cette surface est faite de mortier de structure, matériau utilisé généralement sous la peinture afin de donner plus de texture à celle-ci. Mise à nue, cette matière somme toute pauvre pousse le regard vers l’espace liminal qui la sépare des zones colorées en mettant l’accent sur la physicalité du tableau. L’exposition Les isolés marque un renouveau dans la pratique de Mathieu Lévesque qui délaisse l’abstraction formelle au profit d’une recherche mettant de l’avant les résultats d’actions concrètes, dans une approche processuelle constituante autant d’un point de vue théorique qu’opérationnel. Cette proposition laisse présager une production qui n’aura pas fini de surprendre.

—ISABELLE GUIMOND